Grand Prix de Grande Bretagne Silverstone
16 juillet 1995

Match nul entre Schumacher et Hill






















ur le rapide circuit de Silverstone, les positions de la grille sont établies dès le vendredi, la journée suivante étant perturbée par une pluie empêchant tout chrono conséquent... Une nouvelle fois, on assiste à un combat de titans entre Hill et Schumacher, qui relèguent loin derrière tous les autres pilotes. On croit un instant l'Allemand impérial, lorsqu'il repousse la pole provisoire de l'Anglais avec un temps "canon". Mais c'était sans compter sur la hargne et la fierté du fils de Graham, qui s'élance pour un tour de folie... Au premier partiel, il compte une demi seconde d'avance sur son rival, attaquant à la limite, rattrapant magistralement la FW17 qui part en travers dans le dernier virage, et dans un rugissement terrifiant, propulse sa monoplace sur la ligne. La foule exulte, et l'Allemand est repoussé à 253/1000.

Au feu vert, sous un ciel menaçant, c'est Hill qui conserve l'avantage, tandis que Jean Alesi, qui s'est véritablement éjecté de la troisième de la grille, grillant la politesse par l'intérieur à Herbert, Berger, Coulthard et Schumacher... Rien moins que ça ! Dans les rétros, Hakkinen mène une meute de poursuivants composée de Barrichello, Brundle et Berger, à la peine en ce début de course. Devant, Hill creuse l'écart, comptant jusqu'à 25 secondes au 22ème tour lorsqu'il rentre au stand pour son premier ravitaillement. Chez Benetton, un seul ravitaillement est prévu, ce qui permet logiquement à Schumacher de conserver le leadership jusqu'à son arrêt de la mi-course. Quand il reprend la piste, il ne précède plus Hill que de deux secondes. Damon, manifestement plus rapide, revient dans l'aileron de l'Allemand et, trop impatient de franchir l'obstacle, décide de se lancer à l'assaut de la première place à l'épingle de Priory, où Schumacher entre il est vrai un peu large. Mais la porte se referme et Hill ne peut s'empêcher d'harponner littéralement la Benetton qu'il entraîne avec sa monoplace dans le bac à graviers. Pour le Britannique, il s'agit "d'un simple incident de course".

Dès lors, c'est le lieutenant de Schumacher qui hérite du commandement. Le temps de deux tours, puisqu'il laisse passer Coulthard. Car l'Ecossais est rappelé dans la voie des stands pour purger une pénalité pour excès de vitesse lors de son ravitaillement, et Johnny s'en va de nouveau à l'assaut d'une victoire, la première de sa carrière, suivi par Alesi qui est tout heureux d'hériter de la deuxième place. Blundell et Barrichello, en lutte pour la quatrième place, s'accrochent dans le dernier tour, ce qui profite à Panis et lui offre trois points. Herbert, pour cette première victoire auréolant ses 70 Grands Prix disputés, a, comme Alesi au Canada, bénéficié d'un coup de pouce de la chance. "C'est vraiment fantastique, la route a été très longue jusqu'à ce premier succès, surtout après ce que j'ai du endurer au cours de ma carrière", l'Anglais faisant là allusion à son terrible accident de Formule 3000 qui l'avait écarté des circuits pendant plus de 26 Grands Prix. Sans le K.O des deux leaders, on ne voit pas comment il aurait pu gagner. Il le reconnaît lui-même : "j'étais installé confortablement en 3eme position, cela me convenait parfaitement, et j'ai été réellement surpris de me retrouver en tête du Grand Prix. David m'a doublé, mais je savais déjà qu'il était pénalisé." Le grand perdant est Damon Hill, qui ne réduit pas l'écart qui s'est creusé entre Schumacher et lui. Qui plus est, il est directement menacé par le Français Alesi, qui n'est plus qu'à trois points au championnat !