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Grand Prix d'Europe | Nürburgring
1er octobre 1995 |
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ignant sa
troisième pole d'affilée, l'Ecossais David Coulthard
devance son coéquipier Hill et l'indéboulonnable Schumacher, une fois
encore en embuscade, et plus soucieux de régler sa voiture en configuration
course que de décrocher à tout prix la première place sur la grille...
Derrière, la Jordan-Peugeot
d'Irvine s'est intercalée entre les Ferrari de Berger
et d'Alesi. Sur
une piste du Nürburgring mouillée, Coulthard nous rejoue la scène de
Monza, en offrant aux 100 000 spectateurs et plus un joli tête-à-queue.
Il ajuste le temps de regagner les stands pour prendre le volant du
mulet. De nouveau, il s'arrache parfaitement en ligne de la grille,
alors que Damon est passé par Schumacher et Irvine.
L'Irlandais ne résistera qu'un demi tour, contrairement à l'Allemands
qui va bloquer la Williams de Hill
jusqu'au premier ravitaillement. Tournant de la course où Jean Alesi,
qui a tenté l'audacieux pari de partir en pneus slicks, prend le commandement,
enchaînant record du tour sur record du tour... Derrière, Hill devenu
deuxième à la faveur du nouvel arrêt de Schumacher,
a virtuellement course gagnée, plus vite que le Français alors. Mais
Alesi, qui a déjà opéré un passage par son stand, ne stoppera plus.
Hill, cherchant à perdre le moins de temps possible, entreprend de passer
le fougueux pilote de la Scuderia Ferrari,
mais ce dernier ferme la porte, envoyant dans la terre la Williams
du Britannique, qui est contraint de changer son capot. C'en est fini
des chances de Hill. D'autant qu'il sort définitivement de la piste
pour heurter violemment les pneus de sécurité à dix tours de la fin.
Alesi n'a rien pu faire... De son côté, Alesi n'est pas au bout de ses peines. Avec des pneus à l'agonie, un peu comme Hill lors de la course précédente, il voit revenir à toute allure Schumacher qui, dans son fief, est survolté, et surtout équipé de pneus neufs. Dans ces conditions, il faut toute la maestria du pilote avignonnais pour contenir les attaques de l'Allemands.. A huit tours de la fin, le champion du monde est à sept malheureuses secondes. L'avance d'Alesi fond comme neige au soleil, l'écart se réduit d'hectomètres en hectomètres et, à quatre tours de la fin, la jonction est faite. Après avoir d'abord désespérément contenu une attaque "blitz" de l'Allemand derrière des pilotes attardés par un tout-droit impressionnant, le Français, la mort dans l'âme, doit se résoudre à subir l'attaque imparable de "Schumi" qui fait l'extérieur à la chicane. Avec cette septième victoire de la saison, il est virtuel champion du monde. A cet instant, il ne lui reste plus qu'à marquer trois points en trois courses pour ceindre sa deuxième couronne mondiale. Sur le bord de la piste, Hill vaincu, a un geste de seigneur, applaudissant son rival qui effectue son tour d'honneur... "Dès que j'ai vu Damon dans le mur de pneus, j'en ai conclu que j'étais en train, plus ou moins, de m'assurer le titre mondial. Dès lors, que devais-je faire ? Rester en deuxième position, ou bien attaquer et prendre la tête ? Je crois que ce sont mes supporters qui m'ont poussé à forcer l'allure, et j'ai donc attaqué pour leur offrir cette victoire. J'ai pris le risque, et j'ai gagné C'est ce qui pouvait arriver de mieux !" Schumacher a le sourire large des affamés de victoires, et il vient de satisfaire son ambition, et de tutoyer la légende du sport automobile, tant son panache est grand. La tête pleine d'émotions fortes, le public quitte l'enceinte du Nürburgring, qui vient d'être le théâtre de la plus belle course de la saison... |

