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Grand Prix d'Allemagne | Hockenheim
30 juillet 1995 |
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sur la piste
d'Hockenheim, les spectateurs massés dans le Stadium assistent à une
première journée de qualifications de toute beauté. Sur la fin de la
séance, la pole changera onze fois de propriétaire ! Schumacher, Alesi,
Hill et Berger sont les plus en verve. Le lendemain, les deux top teams
leaders au championnat sont seuls à se disputer cet enjeu. Dans cet
exercice particulier où le pilote doit se transcender, tout en se projetant
dans les futures conditions de course, c'est le Britannique Damon Hill
-une fois n'est pas coutume qui s'impose. Dans leurs tout derniers tours,
les deux rivaux au championnat donnent le maximum, Hill faisant une
séance de tout terrain dans le Stadium, tandis que Schumacher
réalise un freinage "monstrueux" sur plus de 50 mètres... Côté performance
pure, Hakkinen,
avec plus de 334 km/h, vient de démontrer la puissance et la vélocité
du moteur Mercedes qui équipe les McLaren, même si celles-ci sont précédées
sur la grille par les deux Jordan-Peugeot.
La course promet donc d'être belle... Dans la chaleur de la piste (plus
de 45° au sol !), le feu vert libère une meute de laquelle Hill ressort
en tête à l'issue du premier passage. Derrière lui, Schumacher, Coulthard,
Berger, Barrichello
et Irvine sont aux aguets. Le pilote anglais, voulant immédiatement
se détacher de ses poursuivants, boucle son premier tour à une vitesse
incroyable compte tenu du départ arrêté (à une seconde seulement du
meilleur tour "lancé" en course de Schumacher !). Mais au bout de la
ligne droite, il part en glissade, pour finir dans les pneus de sécurité.
Lorsqu'il s'extrait de son baquet, il ne peut qu'entendre les vivats
des 100 000 spectateurs allemands qui agitent leurs drapeaux et allument
partout des pétards. "L'arrière s'est dérobé, je ne comprends pas.
J'étais bien dans la voiture... ", lâche, dépité, l'Anglais qui
voit s'envoler ses chances au championnat. Pendant ce temps là, l'Autrichien
de chez Ferrari,
alors troisième, quitte le peloton de tête pour cause de pénalité de
départ anticipé... Un Stadium en délire... Pour d'autres, c'est l'hécatombe : Irvine, Alesi, Blundell et Frentzen vont abandonner. Ce qui a pour effet d'entraîner de nombreux changements au classement, qui voit pas moins de treize pilotes entrer "dans les points". Aux avant-postes, le seul changement est intervenu avec l'arrêt de Schumacher pour ravitaillement, laissant la tête de la course à Coulthard, qui ne pourra la conserver lorsqu'il devra lui aussi stopper. Les deux hommes ont une telle avance sur leurs poursuivants directs que la fin de course n'offre plus aucun suspense. Même après son deuxième ravitaillement, l'Allemand repart avec quelques secondes d'avance sur l'Ecossais Coulthard, qui ne doit plus stopper à son stand... Jusqu'à une dizaine de tours de la fin troisième, Hakkinen casse son moteur, comme Blundell avant la mi-course. Récupérant sa troisième place du départ, Berger ne l'abandonnera plus, tenant à bonne distance Herbert. Avant même de franchir la ligne, Schumacher brandit un poing à la foule du Stadium, qu'il entend hurler sa joie, malgré les bouchons antibruit, la cagoule, le casque et le rugissement bestial de son V10 Renault. L'émotion est immense, et dans une embardée maîtrisée, il frôle le muret des stands pour remercier son équipe décidément impressionnante. Calant en essayant de s'emparer de l'oriflamme allemand, il est remorqué pour boucler son tour d'honneur. C'est sa quinzième victoire en Grands Prix, et la première d'un Allemand sur ce circuit. A 222,12 km/h de moyenne, il entre un peu plus dans la légende et dans le cœur de son public. Impérial, il a rejeté bien loin un Damon Hill qui s'est terrassé lui-même. On vient de franchir la mi-championnat, et, à ce stade, Schumacher humilie cinq victoires à deux son rival anglais. ![]()
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