Grand Prix de Monaco 21 mai 1950

Accident au départ Fangio Johnny Claes 7e sur Talbot Ascari 2e et Villoresi (Ferrari) Louis Chiron (Maserati) Fangio Fangio Fangio Fangio vainqueur

N ormalement, la proximité de la Méditerranée, qu'elle soit en colère ou assoupie, contribue incomparablement à l'attrait et à l'ambiance particuliers à des Grands Prix de Monaco. Le 21 mai 1950, par contre, elle joue un rôle qui n'était pas prévu au programme, et, si elle n'influe pas sur l'issue de l'action, elle en trouble néanmoins le déroulement. En voici l'explication :
Alfa Romeo a inscrit trois Alfetta 158 à moteur suralimenté de 350 ch à 8500 tr/mn pour les trois « Grands F » : Juan Manuel Fangio, Guiseppe Farina et Luigi Fagioli. Ils sont les favoris incontestés.
Les moteurs suralimentés sont aussi l'option choisie par la Scuderia Ferrari - provisoirement. Mais les V12 des 125/F l d'Alberto Ascari et Luigi Villoresi développent seulement 280 ch à 8000 tr/mn, nettement moins, donc, que les huit cylindres en ligne des Alfa. Condamnées à faire de la figuration : les vieillissantes Maserati 4 CLT/48 de Louis Chiron et Franco Rol. Le téméraire Argentin Froilan Gonzalez obtient toutefois de haute lutte une troisième place sur la grille (le départ avec sa 4 CLT/50, aux côtés de Farina et Fangio, qui a distancé son coéquipier de 2,6 secondes lors du tour qui lui a valu la pole position aux premiers essais.
Farina mène brièvement, mais avant le virage du Bureau de Tabac, Fangio a repris le commandement. Là, le danger menace : une vague a déferlé sur la piste par-dessus le parapet. Comme par miracle, Fangio parvient à s'en tirer tandis que l'Alfa de Farina virevolte entre les murs et, finalement, conjointement avec la voiture de Fagioli, forme une barrière contre le fleuve des poursuivants. A la fin, neuf bolides sont enchevêtrés.
Cela n'empêche pas Fangio ni les concurrents survivants de se faufiler à travers les décombres durant le deuxième tour. Le comportement des spectateurs avant le virage lui avait donné à temps le sentiment que quelque chose de bizarre s'était produit, déclarera plus tard l'Argentin en guise de commentaire. Durant ce même tour riche en rebondissements, la Maserati de Gonzalez prend feu et enflamme son pilote qui bondit de sa voiture au virage du Gazomètre et éteint les flammes de sa combinaison contre un mur. Au début, les deux Ferrari font opposition face à l'Alfetta de Fangio jusqu'à ce qu'une rupture de freins arrière contraigne Villoresi à jeter l'éponge au 64e tour, mais Ascari a, lui aussi, des soucis : les vitesses sautent, les freins sont à l'agonie, tant et si bien qu'il finit par être doublé comme tous les autres aussi